Comment fonctionne notre mémoire ?

Le cerveau et ses neurones
Les différentes mémoires
Tous égaux ?
Les facteurs d’influence de nos capacités cérébrales et mémorielles
Ce qui affaiblit assurément notre cerveau / mémoire
Conclusion

Le Cerveau  et ses Neurones

Le cerveau met vingt cinq ans à se développer mais dès la naissance, ainsi qu’à l’âge adulte il contient entre 86 et 100 milliards de neurones !

Les neurones : ou cellules nerveuses sont un acteur majeur du système nerveux.
3000 neurones sont créés par seconde !
Tel un relais, d’un neurone à un autre, les informations sont transmises et acheminées dans les zones de stockage du cerveau concernées.

Un neuroneLes informations arrivent aux neurones tout d’abord par les dentrites où elles sont traitées, puis parcourent l’axone jusqu’à l’arborisation terminale où elles sont échangées avec d’autres neurones par le biais de synapses.

Développement de notre cerveau, de la naissance à l’âge de 25 ans :

Le système limbique est la zone primitive du cerveau, la première à se développer, c’est celle des émotions (peur, colère…) c’est pourquoi la colère des bébés est incontrôlable.

Entre l’âge de 12 ans et 18 ans, la rapidité de connexion des neurones passe de un mètre à cent mètres par seconde !  Les neurones qui ne servent pas, sont tout simplement éliminés.
Durant cette période le cerveau consomme 3 sucres par heure ! Il a besoin d’être alimenté en oméga 3 (bon gras) et en glucose. Ces lipides servent à gaîner les neurones. Ainsi alimenté, l’apprentissage et la mémoire sont favorisés. A l’inverse, le mauvais gras (acide gras insaturés : fast-food et huile de palme…) a un effet inverse, les connexions neuronales sont alors abîmées.

Durant l’adolescence, deux zones du cerveau rentrent en conflit : le cortex pré-frontal (partie inférieure du lobe frontal) qui régit nos prises de décisions (raison). et le système limbique (émotions). Les connexions entre ces 2 zones ne cessent de se faire et de se défaire, ce qui explique la grande instabilité émotionnel de l’adolescence. Le cortex pré-frontal mûrit entre dix huit et vingt cinq ans. Raison et réflexion prennent enfin le pas sur nos émotions. A 25 ans notre cerveau est adulte , au top de ses capacités et pèse alors 1kg300 , contient 78% d’eau, 10% de graisse et possède 160000 km de vaisseaux sanguins !

R;égions cérébrales

Le cortex pré-frontal qui n’est pas indiqué sur ce schéma est la partie antérieure du lobe frontal


Les différentes mémoires

La mémoire est une fonction qui permet de conserver et de faire revenir consciemment quelque chose que l’on a apprit antérieurement.

Il est préférable de parler de mémoires au pluriel. Les différentes mémoires interagissent  entre elles mais dépendent de régions cérébrales distinctes. Certaines personnes souffrant de « troubles de la mémoire » peuvent ainsi avoir certaines formes de mémoires préservées et d’autres altérées. Les amnésiques par exemple n’oublient pas tout ! Il est arrivé que des musiciens deviennent amnésiques et il est intéressant de noter qu’ils sont pourtant toujours capables de tenir une conversation, de jouer de leur instrument, de citer des noms de compositeurs et dans le même temps de ne pas se souvenir du nom de leur compositeur préféré, de ne pas se souvenir de ce qu’ils ont joué la veille, de ne pas se souvenir que cela fait déjà vingt fois dans la journée qu’ils disent « bonjour, comment vas-tu ?» à leur conjoint !

Le processus de mémorisation commence par les organes des sens (odorat, ouïe, vue…) qui captent et transmettent les informations au cerveau. Depuis peu nous savons que c’est d’abord le corps qui réagit aux événements extérieurs puis le cerveau qui reçoit l’information captée qui « l’encode ». Par exemple  si vous écoutez une musique triste et que la larme à l’œil vous vient, ce n’est pas votre cerveau qui vous dit que c’est triste et qui par conséquence vous donne la larme à l’œil mais bien le contraire ! C’est votre corps qui réagit à la musique entendue. Ce sont donc nos émotions qui sont la source de notre intelligence, de notre raisonnement ou de nos prises de décisions ! C’est pourquoi on s’intéresse désormais davantage au Q.E (Quotient Émotionnel) qu’au Q.I (Quotient Intellectuel).
Une fois les informations captées par nos organes de sens, elles passent dans le cortex pré-frontal, lieu de la mémoire sensorielle, où elles ne sont pas traitées, mais retenues à peine quelques millisecondes. Elles arrivent donc très rapidement dans le lobe occipital (zone de la vision) pour être analysée aussi rapidement. Puis à un autre réseau de neurones prend le relais et se charge de ces informations pour les retenir quelques secondes : c’est la mémoire à court terme ou mémoire de travail, capable de mémoriser jusqu’à sept informations à la fois, par exemple : cette guitare est belle, elle va m’inspirer, elle irait bien dans mon salon, faudra que je change les cordes, que je la montre à mon ami(e), que j »y ajoute une sangle, que vu le prix, je ne la casse pas !

Si l’information est plus importante et qu’elle doit être retenue plus longtemps, elle passe dans un réseau plus complexe : le circuit de Papez dont le point de départ est l’hippocampe. Zone très en vogue actuellement chez les neurologues ! C’est à cet endroit que les informations sont triées, classées et encodées, chacune d’entre elles reçoivent plusieurs étiquettes de dates, de lieux…ou encore de liens avec d’autres informations déjà acquises. Une fois fait, les informations reviennent à l’hippocampe pour être stockées dans la mémoire à long terme. Elles restent en veille jusqu’au jour où l’on en sollicite le souvenir.
Pour s’en rappeler, le chemin emprunté est plus direct mais demande un certain entraînement. C’est lorsque ce processus est perturbé qu’on parle de troubles de la mémoire.

On distingue 3 différents mémoires :

2 mémoires à court terme (sensorielle et de travail), et 1 mémoire à long terme subdivisée en 2 mémoires, l’une dite explicite (subdivisée en mémoire épisodique et sémantique) et l’autre implicite :

3 différentes mémoires

2 Mémoires à court terme

1 Mémoire à long terme

Mémoire sensorielle Mémoire de travail Mémoire déclarative ou explicite Mémoire non-déclarative ou implicite ou procédurale
Mémoire épisodique Mémoire sémantique
La mémoire sensorielle conserve fidèlement mais très brièvement l’information apportée par les différents sens, que sont l’ouïe (mémoire échoïque), l’odorat, le toucher, la vue (mémoire iconique) et le goût. La durée de la mémoire sensorielle est très courte, de l’ordre de quelques centaines de millisecondes à une ou trois secondes au maximum. Cette mémoire constitue un passage obligé pour le stockage dans la mémoire à court terme.La même information, un an plus tard est retenue différemment selon le sens utilisé :
Mémoire visuelle 2 ou 3 %
Mémoire auditive 4% ou 5%
Mémoire tactile ou gustative 40 à 50%
Mémoire olfactive 90%
Elle retient les informations durant la réalisation de taches quotidiennes que l’on accomplit.: la mémoire de travail est la clé de l’attention et de la concentration. La mémoire de travail mobilise et retient les informations utiles à toutes nos activités cognitives, pendant une durée de quelques secondes à quelques dizaines de secondes. Elles sont traitées pour être ensuite stockées par la mémoire à long terme. Événements personnels vécus. Rappel volontaire des souvenirs.
Les souvenirs sont rares avant l’âge de cinq ans, quasi-inexistants avant 2-3 ans. Dans les 2/3 des cas, nos souvenirs se passent à la première personne (comme un film dont nous serions la caméra) ; mais dans un tiers des cas, nous nous voyons comme acteur dans le film de ces souvenirs, à la troisième personne.
Le savoir : connaissances générales, culturelles, pratiques ou théoriques acquises : sens des mots, images objets, lieux, la manière de poser une soustraction, règles d’orthographe, recettes de cuisine, le sens des aiguilles sur une horloge, le code de la route, etc.
La mémoire sémantique est donc la mémoire des domaines génériques d’apprentissage, indispensables au bon déroulement de l’existence.
Tout groupe humain (comme une nation) est fondé sur une mémoire sémantique collective, c’est-à-dire des règles qu’il faut apprendre et retenir.
Informations acquises et durablement retenues, mais qui ne font pas l’objet d’un rappel conscient. Un exemple simple concerne les formes procédurales de la mémoire : nous apprenons à nager, à faire du vélo, à conduire… et ces règles restent inscrites sans effort. Elles nous reviennent quand nous sommes en situation de les appliquer. Plus nous pratiquons, plus elles reviennent facilement.
La mémoire implicite se confond en partie avec l’inconscient. De surprenantes expériences sur les amnésiques ont montré que si leur mémoire épisodique est effacée, leur mémoire procédurale reste intacte. Elle ne renvoie pas au même système neuronal dans le cerveau. Bien des phénomènes de la vie quotidienne relèvent de la mémoire implicite et inconsciente. Si nous avons subi un désagrément dans une situation donnée (par exemple, un vol à l’arraché dans une rue piétonne), le souvenir même non explicite peut guider en partie notre comportement (inconsciemment, nous évitons la rue, nous serrons notre sac contre nous, nous sommes stressés, etc.). La mémoire non-déclarative fait aussi que nous sommes sensibles à des stéréotypes ou des préjugés, qui peuvent apparaître tôt au cours du développement : le bébé produit déjà certaines associations, et bien sûr nous le faisons tout au long de notre vie. La psychanalyse est en large partie fondée sur l’exploration de cette mémoire enfouie, non-déclarative, qui influence nos comportements sans passer par la conscience.
Par exemple, quand vous conduisez une voiture, vous traitez et retenez en permanence des informations sur la route à suivre. Retenir ce que dit un interlocuteur dans une discussion, faire un calcul mental, se souvenir d’un numéro de téléphone en le composant, composer une phrase dans un courrier, etc. Exemple : rechercher le nom d’un artiste entendu en concert il y a 4 ans) ou involontaire : croiser une personne qui nous rappelle le souvenir d’une autre de notre enfance. Voir ci-dessus Faire ses lacés, faire du vélo
CORTEX PRE-FRONTAL Elle inclue la structure du CORTEX PRE FRONTAL et CORTEX PARIETAL. Les régions du cerveau impliqués dépendent du contenu de l’expérience d’origine.
Ainsi les expériences plutôt visuelles activent les aires visuelles du cerveau alors que se rappeler la voix d’une personne sollicite plutôt le cortex auditif. La mémoire épisodique implique la structure de L’HIPPOCAMPE, du LOBE FRONTAL et des REGIONS CORTICALES
La mémoire sémantique concerne le LOBE TEMPORAL et FRONTAL Elle concerne le CERVELET, le NOYAU CAUDE et le PUTAMEN.
Vidéo mémoire sensorielle

Résumé du processus de mémorisation en vidéo

Tous égaux ?

Bonne nouvelle !

Vous êtes tous normalement constitués ! Ainsi vous avez tous un cerveau donc des neurones ! donc une vraie capacité mémorielle.

Mais sommes nous pour autant tous égaux face à l’apprentissage et la mémorisation ?

Fort de plus de 600 élèves ayant suivi nos cours de musique depuis un peu plus de 20 ans, nous avons pu constater que non. Mais déjà lors de notre scolarité, n’avons nous pas fait tous le même constat ? De tout temps il y a eu un 1er et un dernier de la classe ! Mais bonne nouvelle, dans le même temps nous avons pu constater que les derniers peuvent devenir les premiers ! En effet, bien des facteurs peuvent modifier en bien ou en mal nos capacités cérébrales et notamment de mémorisation !

 Les facteurs d’influence de nos capacités cérébrales et mémorielles

– L’âge

Pour des raisons essentiellement de concentration, la meilleure période pour mémoriser se situerait avant l’âge de trente ans. Un lycéen peut par exemple apprendre ses cours tout en écoutant de la musique alors qu’une personne de plus de quarante ans aura besoin d’un peu plus de silence, de concentration. Cependant ce n’est là qu’un facteur parmi d’autres.

– Le sexe et les gènes

La mémorisation dépendrait également du sexe et même de nos gènes. Bien que l’auteur que nous sommes ne croit pas en cela, d’aucuns disent encore aujourd’hui que les femmes ont une meilleure mémoire lorsque le langage entre en jeu. Les hommes seraient plus efficaces pour retenir une vision spatiale des choses. Nous croyons plutôt que ce constat découle d’un facteur sociologique d’un temps qui tend à disparaître où les taches et les métiers étaient répartis de manière plutôt…machiste !

Par contre, il y a très certainement sur le plan génétique des disparités qui restent cependant à démontrer.

– Éducation et stimulation cérébrale :

La 1ère année de la vie d’un homme est essentielle dans le développement de son cerveau. Il faut veiller à sa bonne stimulation et à la qualité des paroles qui lui sont adressées (bonne articulation et qualité grammaticale du propos). Rien est pire que de s’adresser à un enfant comme s’il était débile. Les soins, la qualité du langage, les émotions apportés à l’enfant pourront donc faire la différence.

Il y va ainsi de toute la période de l’enfance et de l’adolescence.

– Le sport : en améliorant l’oxygénation du cerveau et en libérant certaines molécules il favorise la création de nouveaux neurones, surtout dans l’hippocampe, zone essentielle pour la mémoire.

– une vie sociale 

– une alimentation saine, équilibrée et régulière

– Méthodes d’apprentissages ou Pédagogie :

L’enseignement scolaire est essentiellement collectif. Ainsi il y a une pédagogie unique pour une multitude d’individus. Or chaque personne, de par son vécu, son éducation…développe des mécanismes d’apprentissage différents qui mériteraient une pédagogie différenciée, adaptée ! C’est pourquoi les cours individuels, le soutien scolaire individualisé produisent des résultats supérieurs aux cours collectifs.

– La curiosité, l’envie d’apprendre :

Il faut avoir envie d’apprendre. Les enseignants et les parents peuvent passer beaucoup de temps à transmettre un savoir mais rarement à nous transmettre le goût de l’apprentissage.

– Le métier exercé

Le métier exercé conditionne également les capacités de mémoire.

Psychologie : la  confiance en soi

Ce qui affaiblit assurément notre cerveau :

Le stress.
Les troubles du sommeil.
L’abus d’alcool.
La consommation de stupéfiants.
Les intoxications au monoxyde de carbone (pollution).
La prise de certains médicaments (notamment somnifères, tranquillisants, anxiolytiques…).
Le stress post-traumatique.
Certaines maladies (Alzheimer…) ou infections (virus et en particulier Picornaviridae (voir rhinovirus)).

Enfin, prenons le cas de 2 individus passionnés, l’un de télévision, qu’il regarde des heures durant, l’autre de théâtre qui débute en tant que comédien, et qui auraient au départ, tous les deux,  les mêmes capacités cérébrales. A votre avis, au bout d’un an, lequel aura le plus de capacité cérébrale ?

Mais que notre passionné de télévision se rassure, s’il se découvre à son tour des talents de comédien, même si les débuts seront très certainement difficiles, il pourra malgré tout parvenir à apprendre ses textes par cœur. Au bout d’une nouvelle année, celui-ci aura sans doute atteint le même niveau qu’avait atteint un an plus tôt notre premier passionné de théâtre, qui lui aura encore augmenté ses capacités. Il n’y a pas de fatalité, il suffit de s’y mettre !

Conclusion

En conclusion, la mémoire s’entretient et se travaille ! Nous produisons 3000 neurones par seconde mais nous en perdons tout autant, principalement ceux qui ne sont pas stimulés.

Alors, hop hop hop, au travail ! Stimulez votre cerveau !

L’un des meilleurs moyens : apprendre des paroles de chansons par cœur ! Au début c’est dur, vous mettrez peut être un mois ou plus pour la première, mais sûr, pas plus de 30 minutes pour la dixième !!!

©2014 par David Dauthieux

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